L’ayurvéda : une véritable médecine holistique

Lorsque l’on aborde le sujet de l’approche holistique de la santé, un nom revient souvent : l’ayurvéda.

Si ce nom est connu, ce qu’il signifie l’est moins. L’ayurvéda est la médecine traditionnelle indienne (pluri-millénaire). Elle reprend les trois principes évoquées sur cette page, à savoir le principe de nature (harmonies naturelles), le principe d’efficacité (preuves et résultats) et le principe de totalité (holistique, exhaustif).

C’est à ce jour, et à notre connaissance, la médecine holistique la plus aboutie au sein de l’humanité. Et si elle subit bien souvent des déformations diverses par les superstitions d’orient ou d’occident, elle demeure pratiquée par certains médecins de manière très sérieuse.

L’ayurvéda s’apprend, dispose d’un corpus de connaissances (contenues dans certains Védas), est pratiqué depuis des milliers d’années et encore maintenant par des milliers de médecins, s’occupant de millions de patients. Il est composé de diverses approches, principalement liées à l’alimentation. Ses soins sont en outre constitués de massages, d’exercices de yoga et de chants de guérison (les mantras).

Des milliers de témoignages assurent de son efficacité et nous avons également recours régulièrement, au sein de Santé Holstique Fr, à cette médecine.

Ainsi, bien que bon nombre de scientifiques modernes se refusent à considérer l’ayurvéda comme une véritable médecine (à la différence de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui l’a reconnu comme tel en 2014), il serait inconséquent de ne pas y consacrer de temps d’étude, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle.

I - Une histoire, des origines

A - Une datation incertaine

L’ayurvéda, qui signifie en sanskrit “connaissance de la vie“, est une discipline dont les origines sont considérées par les historiens occidentaux comme remontant à -2000 ans (époque de rédaction des Védas, longs textes de connaissance considérés sacrés).

Certains praticiens et historiens (notamment indiens) font remonter l’origine de l’ayurvéda à plus loin encore, à une époque où la tradition orale était dominante et où les Védas n’avaient pas encore été rédigés. On parle dans les cas les plus anciens à -5000 ans1.

B - Des auteurs et des savants

Si l’on tient pour certain que l’ayurvéda était connu au moins depuis aussi longtemps que l’époque de rédaction des Védas, cela signifie que les peuples qui en sont les auteurs connaissaient cette médecine.

En 2000 ans avant Jésus Christ, au nord de l’Inde, se trouvait une civilisation dénommée védique (en référence aux Védas). Elle a fait suite à la civilisation de la vallée de l’Indus, conquise et soumise par des envahisseurs aryens venus d’Asie centrale.

Il semble communément admis que la période védique et la rédaction des Védas fassent directement suite à cette invasion. Mais il est en revanche difficile de savoir d’où la connaissance des Védas, et donc de l’ayurvéda, provient : des Aryens, des habitants de la vallée de l’Indus, des deux à la fois ?

L’étude des Védas en langue originale serait d’une grande aide sur ce point, et le peu que nous en savons tend à privilégier la thèse de l’origine aryenne de cette connaissance.

Quoiqu’il en soit cette dernière a bel et bien été mise par écrit au IIème millénaire avant J-C puis transmise et étudiée avec une profonde considération ainsi qu’une grande piété.

C - Toujours préférer l'original à la copie

Comme toute connaissance humaine, même écrite, l’ayurvéda a connu maintes interprétations et maintes déformations.

Les médecins ayurvédiques dignes de ce nom sont tenus, en Inde tout du moins, d’étudier les textes en langue originale afin d’apprendre à la source de la connaissance védique de la santé et de la guérison.

Cependant, malgré cela, l’ayurvéda a servi et sert encore de support à des superstitions, des croyances, des pratiques, des dogmes et des enseignements qui n’en font originellement pas partie. Et ce, tant en Inde que dans le reste du monde et notamment en occident.

Certainement cette discipline a-t-elle pu justifier bon nombre de choses en fonction des époques et des nécessités, notamment politiques. Mais cela n’est pas en rapport avec la connaissance des principes de santé.

Ainsi, il est important, en ce qui nous concerne, de ne garder que ce qui est vraiment vérifiable par des résultats, sans encombrer notre propos – ou même notre art dans le cas de la pratique médicale – de surcouches religieuses, esthétiques ou moralisatrices que nous ne serions pas capables de justifier par aucun des trois principes de bases : nature, efficacité, exhaustivité.

C’est n’est que par la clarté de l’esprit (nous savons ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons) que la pratique de la médecine est possible et c’est, semble-t-il, ce qui est justement enseigner par les Védas.

II - Un référentiel non conventionnel

Pour apprécier pleinement la valeur de l’ayurvéda, de ses soins et de ses enseignements, il est nécessaire d’ouvrir sa pensée à d’autres possibles. L’approche conventionnelle matérialiste du monde telle que mise en avant dans la médecine conventionnelle occidentale ne permet pas à elle seule de comprendre l’ayurvéda.

Il est cependant nécessaire, lorsque l’on s’intéresse véritablement à la santé et à la guérison (et plus largement à la science et à la connaissance) d’accepter de laisser de côté nos certitudes pour explorer d’autres pistes, pour peu qu’elles apparaissent prometteuses.

A - La nature de l'être

Pour l’ayurvéda, comme bon nombre de médecines anciennes, l’être est la résultante de l’esprit et du corps. La santé passe donc par l’équilibre de ces deux dimensions.

Par ailleurs, selon cette même tradition, tout l’univers est composé de cinq éléments : feu, air, eau, terre et éther. Ces éléments représentent des états possibles de ce qui est : espace-temps, immobilité, mouvement, transformation, obscurité, lumière.

Ces éléments, composant également notre être, forment en se combinant des énergies, appelées doshas :

  • Vāta : le mouvement
  • Pitta : la transformation
  • Kapha : la cohésion

Chaque humain est composé de ces trois forces et ce, dans des proportions particulières (généralement deux doshas dominants et un plus faible) qu’il garde toute sa vie durant.

La nature de chacun déterminera des tendances, des forces et des faiblesses, des risques et des ressources. C’est la base principale du travail du médecin ayurvédique.

B - Les tissus et les canaux

L’ayurvéda distingue sept types de tissus principaux, appelés dhatus, et formant ensemble le corps humain. Ils sont considérés dans un ordre précis, traduisant la circulation de l’énergie ingérée par la nourriture (ahara), son raffinage à travers les tissus et finalement son incorporation à l’énergie vitale (ojas) :

  • Rasa : le plasma
  • Rakta : le sang
  • Mamsa : les muscles
  • Meda : les graisses (tissus adipeux)
  • Asthi : les os, les cartilages, les ongles, les poils et les cheveux
  • Majja : la moelle osseuse et les tissus nerveux
  • Shukra : les tissus reproducteurs

Ces tissus sont à considérer comme la matière structurante du corps.

L’ayurvéda définit, en plus des sept dhatus, seize canaux par où circulent les énergies du corps et notamment les trois doshas : ce sont les shrotas.

Le premier shrota est le système digestif. Sa bonne santé est la priorité absolue de l’ayurvéda qui considérera le principe d’alimentation comme la source la plupart des déséquilibres et maladies.

Deux autres shrotas connus sont le système circulatoire et le système respiratoire. Les 13 autres shrotas ne sont pas connus par la médecine conventionnelle et il est dit que certains d’entre eux se situent à des niveaux microscopiques et potentiellement moléculaires voire subatomiques2.

C - Les outils de diagnostic

L’ayurvéda n’emploie pas d’outils de diagnostic autres que les capacités naturelles du médecin ayurvédique. Il n’en demeure pas moins que les meilleurs d’entre eux sont capables d’une extraordinaire précision quant à l’état de santé de leurs patients.

Le premier de ces outils est la prise de pouls. Bien plus qu’une simple mesure de la pulsation, la prise de pouls ayurvédique peut durer plusieurs minutes et se pratique à trois doigts (posés sur le poignet du patient). Au moins deux prises successives sont opérées : l’une superficielle, l’autre profonde. Les informations détectées par ce biais par le médecin sont nombreuses et permettent d’établir un diagnostic solide de l’état de santé du patient, de ses tissus affectés et de ses déséquilibres internes.

Les médecins ayurvédiques regardent également la langue, les yeux et éventuellement les urines et les selles.

Parfois, une auscultation aura lieu avec palpation du corps et observation des postures.

Ces outils de diagnostic simples parviennent parfois à détecter des troubles qui échappent aux instruments de mesure modernes.

III - Naturel, efficace, holistique

Comme expliqué plus haut, la médecine ayurvédique répond aux trois principaux critères définissant le terme de médecine : naturalité, efficacité, totalité.

Son approche englobe l’être humain dans un sens large, incluant une dimension non physique, plus énergétique ou spirituelle. Cela signifie que les tenants et les aboutissants de la santé humaine selon l’ayurvéda ne sont pas uniquement physiques, bien que le corps y soit largement considéré.

Par ailleurs , les individus ne seront pas tous abordés de la même façon, chacun étant perçu comme ayant une nature qui lui est propre. Les solutions mises en œuvres seront ainsi voulues comme étant au plus proche de la nature et donc à la fois efficaces et non destructrices (minimum d’effets secondaires indésirables).

L’efficacité est aussi au rendez-vous, avec bon nombre de patients bel et bien guéris grâce à cette approche, parfois de maladies graves que la médecine conventionnelle peine à guérir, voire en est incapable.

Voyons maintenant tout cela plus en détail.

A - Des soins en harmonie avec le vivant

Une fois le diagnostic établi, le patient suivi par un médecin ayurvédique se verra conseillé des habitudes de vie en adéquation avec sa nature (et notamment la manière dont ses doshas se manifestent dans son être).

Ces habitudes sont généralement alimentaires, également en lien avec l’hygiène, le sommeil ou le mental. Elles sont censées permettre de tendre vers un équilibre de santé optimal.

En plus de ces recommandations quotidiennes (dinacharya) s’ajoutent des recommandations saisonnières et des conseils de comportementaux à adopter ou à éviter.

Lorsque le déséquilibre est fort chez le patient, des cures sont possibles en cliniques ayurvédiques ainsi que des posologies médicamenteuses (composés à base de plantes, de minéraux et de métaux).

L’idée principale derrière ces ordonnances ayurvédiques n’est pas de soigner des maladies mais bien les patients. En cela, les médecins ayurvédiques ne se focalisent pas particulièrement sur les symptômes et les maladies mais sur les déséquilibres observés. La principale raison à cela est qu’il est impossible en ayurvéda de donner un remède typique à une maladie, étant donné que les patients n’auront pas tous la même constitution et partant, des pistes de guérison différentes.

En proposant des solutions pour rétablir l’équilibre naturel de santé optimale d’un patient, l’ayurvéda considère implicite le fait que les symptômes et les maladies observés disparaîtront d’eux-mêmes dès lors que ces solutions seront scrupuleusement appliquées par le patient.

B - Des exemples et des résultats

Comme toute discipline, c’est d’abord la qualité du praticien qui fera l’efficacité du traitement et la manifestation du résultat.

Nous avons recueilli ici des témoignages de personnes ayant eu recours à l’ayurvéda pour recouvrer leur santé. Nous avons également pu rencontrer un médecin indien formé à l’ayurvéda depuis son enfance et dont la compétence a été maintes fois observée.

À titre d’exemple, il est conseillé en ayurvéda de ne pas terminer ses repas par des aliments sucrés, permettant ainsi d’épargner le foie et d’éviter toute fermentation en cours de digestion. Les fruits sont particulièrement déconseillés au moment des repas principaux pour certaines personnes, notamment celles qui ont une dominante de feu et d’eau (dosha pitta).

Certains d’entre nous pourront également jeûner le matin pour éviter de se charger au niveau métabolique par un troisième repas.

Des tisanes seront également conseillées en fonction des profils. Ce sont des boissons à boire quotidiennement. Certaines seront à ingérer avant les repas afin de préparer le corps en douceur à l’activité de digestion.

Pour des patients au tempérament atone (parfois dû à un dosha kapha prédominant), seront recommandés des aliments à teneur élevée en feu comme les épices, les piments, les tomates, le chocolat, etc.

Le ghee (beurre clarifié), comme les épices, est également un élément central de l’alimentation ayurvédique. On lui attribue de puissantes propriétés détoxifiantes.

L’ayurvéda pourra aussi inciter des personnes malades à questionner leur bonheur au travail, au sein de leur famille et plus largement dans leurs relations.

Des pratiques de yoga et de respiration seront également fréquentes ainsi que des écoutes de mantras qu’il sera généralement préférable d’apprendre à chanter soi-même.

Les exercices physiques, les vibrations sonores et la pratique mentale (concentration, détente, discipline) sont considérés par l’ayurvéda comme des moyens efficaces de rectifier sa santé et de tendre vers la guérison.

À ce titre, les personnes rencontrées ont toute eu comme préconisations un ensemble de routines d’hygiène, d’alimentation, de yoga et de mantras, parfois compléter par des médicaments à base de produits naturels peu transformés et des cures en clinique ayurvédique (régime strict, purges, jeûnes, médication dépurative, saignées, lavements, etc). L’une de ces cures, parmi les plus célèbres, est le panchakarma. Exigeante et précise, se prolongeant sur plusieurs semaines, cette cure présente de nombreux bienfaits, et est censée rééquilibrer tout individu s’y adonnant. Elle est toutefois déconseillée aux personnes trop fragiles (enfants, vieillards et personnes dans un état de déséquilibre extrême). On lui préférera dans ce cas des soins plus doux.

Les maladies dont souffraient les patients, ayant généralement conduit à la consultation médicale, et qui ont été soignées grâce à un suivi ayurvédique rigoureux sont variées : psoriasis, cancer, troubles digestifs, fatigue ou stress chroniques, instabilité émotionnelle, dépression, problèmes articulaires, addictions, insomnie.

C - Une approche qui tend à l'exhaustivité

Pour peu que l’on se trouve en présence d’un médecin ayurvédique sérieux et dévoué à son art, on constate rapidement trois choses : de la bienveillance, une prise en compte global du patient (physique, psychique et spirituelle) et des propositions de soins holistiques, touchant à tous les aspects de l’être humain.

Bien que la première approche demeure alimentaire, et qu’il est considéré que nos habitudes nutritives expliquent bon nombre de déséquilibres, les médecins ayurvédiques peuvent également aborder des sujets relationnels, familiaux, professionnels et aider à mettre en lumière ce qui apparaît comme le plus indiqué pour le patient.

Dans certaines situations, les médecins peuvent faire montre d’autorité auprès de patients ayant des difficultés à observer eux-mêmes leurs propres déséquilibres. Cependant, chaque fois que cela est possible, le patient sera responsabilisé vis-à-vis de sa santé.

IV - Des limites observées

Bien que toute la théorie présentée ici, agrémentée de quelques exemples, semble très enthousiasmante, la réalité de l’ayurvéda est à l’image de la médecine en général. Il existe de nombreuses falsifications et déformations de cette médecine.

Des résultats mitigés ont pu être observés, des déviances sectaires également, tandis que certaines cliniques sont avant tout des machineries mercantiles.

ll convient pour cela de communiquer, de témoigner, d’échanger et si possible de tester, sans prendre de risques inconsidérés.

Les personnes souhaitant témoigner sur l’ayurvéda et ses succès, ou ses échecs, sont invitées à le faire en commentaire, car c’est par la transparence que nous pouvons avancer sur le chemin de la santé et de la médecine.

Nous pouvons espérer que l’ayurvéda puisse, tout en s’appuyant sur des savoirs anciens éprouvés, toujours plus s’affiner grâce à une autocritique et des observations honnêtes des pratiques et des résultats.

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