Électrosensibilité : symptômes, causes et solutions

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Tout le vivant est parcouru de signaux électriques de plus ou moins grande intensité, fréquence et amplitude. Il est donc logique que tout élément non neutre à l’égard de l’électricité impacte notre santé, celle de nos enfants, de nos animaux ou de nos plantes.

Lorsque des signaux étrangers de type ondes électromagnétiques (OEM) sont faibles, leurs effets sont naturellement équilibrés par notre corps via des mécanismes de déchargement et rechargement d’énergie électrique en différents points de notre anatomie (notamment favorisés par la présence d’eau, y compris en contact avec notre peau).

Cependant, lorsque ces signaux atteignent des puissances importantes, ils finissent inévitablement par modifier de manière significative notre biologie et donc notre santé.

I - Que veut dire être électrosensible ?

C’est sur la base de milliers de témoignages que la notion d’électrosensibilité est apparue peu à peu à nos oreilles. On ne sait pas cependant quelle proportion de la population est véritablement concernée par ce phénomène et les études à ce sujet ne sont d’aucun secours tant leurs résultats divergent.

A - Les symptômes

Maux de têtes, irritabilité, rougeurs de peau, acouphènes, bouffées de chaleur, insomnies, troubles du langage, maladresse, étourdissements, difficultés de concentration, fatigue ou stress chronique ou encore douleurs au niveau des yeux, tels peuvent être les symptômes induits par l’électrosensibilité (parfois appelée hyperélectrosensibilité ou SICEM : “syndrome d’intolérance aux champs électro-magnétiques”).

Il n’existe cependant pas de liste considérée comme exhaustive des symptômes imputables à une électrosensibilité ni de consensus scientifique sur l’origine électrique et notamment électromagnétique de ces symptômes.

B - Cause réelle ou imaginaire ?

Si aucun doute ne subsiste en ce qui concerne les risques d’un très haut niveau d’exposition aux ondes EM, comme en témoignent nos micro-ondes, les communautés scientifiques sont cependant profondément en désaccord sur le sujet du SICEM. Dans cette étude parue en 2005, aucune corrélation n’a pu être établie avec certitude entre symptômes et OEM, et certains patients exprimant une hypersensibilité ont pu réagir négativement en l’absence d’une exposition électromagnétique.

D’autres chercheurs ont pourtant apporté des éléments d’étude sérieux qui tendraient à montrer que cette intolérance est bel et bien réelle, et que les troubles qui lui sont notoirement associés le sont pour de bonnes raisons.

Dans cet article du magazine Science et Avenir datant d’août 2015, nous apprenons que le Pr Dominique Belpomme affirme avoir mis en évidence des récurrences physiologiques chez des personnes s’estimant hyperélectrosensibles.

Malheureusement dans ce domaine, nous manquons de données scientifiques, car il est très difficile d’établir un protocole expérimental englobant un maximum de cas de figure et ce, sur un temps d’exposition long. En effet, observer l’effet d’une onde électromagnétique de caractéristiques courantes (comme un téléphone ou une télévision) sur un temps d’expérimentation de quelques heures pose un problème d’échelle de temps, et ne peut suffire, en cas d’absence de corrélation démontrée, à écarter tout à fait les risques de ces objets sur notre santé.

En revanche, des études réputées parfaitement valides ont montré chez des animaux des effets assez spectaculaires. Cette publication par exemple, traite de la désorientation subie par le rouge-gorge en cas d’exposition à des ondes électromagnétiques de basse fréquence.

On rapporte également dans cet article un effet stimulant de certaines ondes dans le développement des moisissures, des levures et des champignons, ce qui pourrait induire des symptômes tels que ceux usuellement exprimés (développement anormales de ces micro-organismes dans notre corps ou notre environnement, et notamment dans nos maisons).

C - Où en est le principe de précaution ?

Ici le bât blesse, car face à l’absence de consensus scientifique, les gouvernements et industriels ont choisi une demi-mesure parfois incomplète.

Il existe en effet des normes (appelées DAS : débit d’absorption spécifique) de fabrication de composants électroniques notamment pour les ordiphones (smartphones), mais il apparaît que celles-ci sont parfois détournées par les fabricants.

Par ailleurs, et cela va s’aggraver avec le développement de la 5G (5ème génération des standards téléphoniques mobiles), les zones dites blanches (non soumises à des ondes électromagnétiques artificielles) se font de plus en plus rares, et certaines obtiennent ce qualificatif alors qu’elles sont bel et bien soumises à des OEM, notamment en provenance d’antennes relais (mais simplement de manière faible).

Ainsi, nous ne pouvons avoir de témoin, au sens scientifique du terme, permettant de mesurer sur le long terme les effets de ces ondes. Tout le monde ou presque dans nos sociétés développées se trouve soumis à ces ondes, et ce de manière constante. Impossible de déterminer quels en sont les effets, et particulièrement sur notre capacité à observer d’éventuels effets !

II - Les sources polluantes

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Avant de donner des pistes de solutions pour faire face à la situation des OEM de manière raisonnable, passons en revue les sources potentielles d’ondes électromagnétiques artificielles des plus répandues aux plus occasionnelles.

A - Les téléphones sans fil

Si les temps d’exposition varient en fonction des personnes et de leur usage du téléphone (et particulièrement des ordiphones), les OEM émises par ces outils de communication sont, en proportion à d’autres appareils, très élevées.

L’exposition maximale est atteinte pour une communication longue (plus d’une demi-heure) sans utilisation du haut-parleur (le téléphone est donc posé sur la tempe). Mais ils peuvent également induire une baisse de la fertilité masculine lorsqu’ils sont transportés dans les poches.

Par ailleurs, les téléphones fixes sans fil émettent constamment à partir de leur base, bien que certains industriels aient récemment amélioré leur processus de fabrication.

B - Les écrans

Bien que la puissance de leurs émissions varient en fonction des constructeurs et des modèles (et notamment de leur âge), téléviseurs et écrans d’ordinateur sont l’une des principales sources d’OEM dans une maison, et ce, bien plus que la Wi-Fi (nous avons, à Santé Holistique fr, effectué nous-mêmes des mesures le confirmant).

Les téléviseurs sont particulièrement émetteurs et il convient de les regarder à bonne distance.

C - Les émetteurs Wi-Fi

Les boxs internet et les répéteurs sont des outils pratiques mais l’influence du faisceau Wi-Fi qu’ils émettent n’est pas négligeable. Cependant, à partir d’une cinquantaine de centimètres, la quantité d’OEM décroît nettement. Il convient donc de garder nos boxs internet dans un endroit où nous passons peu de temps et sûrement pas près de la tête de notre lit ou de ceux de nos enfants.

D - Les antennes téléphoniques

Plus problématiques en ville qu’à la campagne, de par leur abondance, les antennes téléphoniques ont été identifiées comme particulièrement émettrices, et ce, de manière non linéaire vis-à-vis de la distance à la source (nous apprenons à ce propos dans cet article que les normes internationales reposent sur des analyses thermiques, ce qui est bien évidemment insuffisants d’un point de vue décisionnel en termes de santé).

Elles sont régulièrement incriminées par les personnes hyperélectrosensibles comme source de nuisance.

E - Les ampoules

Certains types d’ampoules sont plus émetteurs que d’autres, et ce parfois, de manière relativement inquiétante. Ce rapport de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) déconseille l’usage en exposition prolongée des ampoules fluorescentes compactes (couramment appelées ampoules basse consommation). Un autre document, agrémenté d’une vidéo d’expérimentation, montre qu’au plus proche des ampoules (10 cm), les LED sont les plus émettrices, puis les ampoules fluoro-compactes, puis les ampoules halogènes.

F - Les postes de radio et les vieux micro-ondes

Les doses d’OEM qu’ils émettent sont faibles mais rappelons-nous qu’ils demeurent des émetteurs et que c’est aussi possiblement par l’accumulation de l’exposition (notamment par une multiplicité des sources) que des problèmes de santé peuvent apparaître.

G - Les appareils non mis à la terre

Sources d’émissions extrêmement variables mais néanmoins problématiques pour certaines (sans aborder les problèmes d’électricité statique et d’électrocution), les appareils électriques non mis à la terre sont à éviter absolument.

En effet, la mise à la terre a le même effet que celui décrit en introduction pour le corps et l’eau, c’est une manière d’équilibrer les charges électriques de la maison et notamment de décharger les objets métalliques soumis au courant, et accumulant un potentiel électrique non désiré et par ailleurs inutile.

H - Les lignes haute tension

Certaines personnes peuvent aussi se trouver à proximité de lignes haute tension à très haute tension. La puissance du courant transporté par ces lignes génère des sortes de tunnels d’OEM qui peuvent avoir un impact considérable sur l’environnement, les animaux et les humains.

III - Les bons réflexes et les mesures à prendre

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Comme nous pouvons le constater, des incertitudes demeurent quant à l’importance de ces ondes électromagnétiques sur notre santé, bien que de nombreux éléments nous assurent qu’elles ne sont pas sans effet.

C’est pour cela qu’il convient d’agir de manière intelligente, que nous ayons le sentiment d’être électrosensibles ou non, car l’enjeu de ces nouvelles sources de pollution éventuelle concerne tout le monde.

A - Poser un diagnostic

Il convient tout d’abord de faire un état des lieux de notre situation, tant au niveau de notre santé que de notre habitation.

1 - Faire intervenir un géobiologue

Si vous avez lu notre article sur la géobiologie, vous devez avoir compris que le géobiologue est le professionnel le plus indiqué pour y voir plus clair quant à notre exposition aux ondes.

Il pourra, le cas échéant, intervenir à notre domicile avec les appareils de mesure nécessaires (et parfois onéreux).

2 - Diagnostiquer soi-même son lieu de vie

Espace domestique ou professionnel, humains ou animaux, nous pouvons être désireux de savoir avec certitude si les ondes électromagnétiques sont en train de nous empoisonner ou non.

Pour cela il existe différents appareils de mesure, de qualité variable selon les fabricants, voici notre sélection :

B - Prendre les mesures adéquates

Que nous ayons détecté un problème électromagnétique dans notre maison ou que nous souhaitons dans tous les cas être moins exposés aux ondes artificielles (que cela soit par hyperélectrosensibilité ou par simple principe de précaution), un ensemble de solutions existe pour parvenir à nos fins.

1 - Adapter son usage

Commençons par le plus simple : réduire au minimum nécessaire l’usage de l’électricité et donc l’apparition de rayonnements électromagnétiques.

Plusieurs pistes sont à envisager pour cela :

  • couper le courant des chambres au disjoncteur différentiel pour la nuit (envisager une lampe de poche au besoin et un réveil à piles) ;
  • éteindre tous les appareils sitôt qu’ils ne sont pas utilisés (ne pas les laisser en veille) ;
  • dans un souci pratique, il est possible d’installer des programmateurs au niveau de certains branchements ;
  • couper la Wi-Fi chaque fois que c’est possible ;
  • éviter les conversations téléphoniques trop longues (pas plus d’une demi-heure) ;
  • éviter de téléphoner en se déplaçant (particulièrement en voiture) ;
  • éteindre son téléphone la nuit ;
  • ne pas donner de smartphone aux mineurs (principe de précaution en attente d’études complémentaires confrontant OEM et croissance des enfants) ;
  • se procurer des outils de mesure des OEM pour pouvoir tester soi-même ses installations et différencier les vraies solutions des arnaques.
2 - Changer de matériaux et de matériel

Si l’on veut aller plus loin, lorsque nous en avons les moyens financiers et si possible avant de construire, nous pouvons choisir les matériaux et matériels les plus adaptés pour réduire la pollution électromagnétique.

Voici une sélection des éléments qui nous ont paru véritablement pertinents :

  • vérifier et ajuster si nécessaire toutes les prises à la terre ;
  • pour les appareils dont la prise n’a pas de masse (deux fiches au lieu de trois), vérifier avec un appareil de mesure si l’interrupteur coupe bien la phase (évite les émissions en aval de l’interrupteur) ;
  • mettre les chambres sous tension 12V, de préférence directement à partir du tableau électrique (plus simple au moment de la construction) ;
  • installer des câbles et fils blindés ;
  • utiliser des ampoules faiblement émettrices d’OEM (parfois difficiles à trouver) et à défaut des ampoules à incandescence (moins dangereuses pour la santé de manière générale bien que plus gourmandes en électricité) ;
  • choisir le téléphone le plus faiblement émetteur d’OEM, comme le Samsung Galaxy Note S10+ ;
  • remplacer son téléphone fixe sans fil par un téléphone filaire ;
  • après mesures, envisager de changer ses appareils radios et téléviseurs, certains modèles anciens sont particulièrement émetteurs.
3 - Se soigner

En plus de réduire son exposition au minimum, il est intéressant, et parfois nécessaire à en croire certains témoignages de personnes électrosensibles, de prendre des habitudes de soin, telles que les suivantes :

  • faire sa toilette une à deux fois par jour et notamment avant de se coucher ;
  • marché pieds nus dans la rosée ;
  • se promener dans des zones faiblement “chargées” comme les forêts ;
  • prévoir des cures régulières dans des zones faibles en OEM (zones dites “blanches”), certains accueils se sont à ce propos démarqués dans ce domaine ;
  • dans certains cas critiques, il peut être envisagé de déménager pour réduire son exposition aux ondes électromagnétiques.

C - Aller plus loin

Nous avons réuni ci-dessous les idées et solutions que nous n’avons pas pu déterminer comme étant véritablement efficaces et parmi elles, certaines qui pourraient aggraver le phénomène d’exposition aux ondes électromagnétiques.

1 - Les fausses pistes
  • les vêtements, tissus anti-ondes et les feuilles d’aluminium : peuvent réduire autant qu’augmenter la concentration des OEM, à éviter tant qu’il n’y a pas plus d’études sur le sujet ;
  • le compteur Linky : contrairement à certaines idées reçues, nous n’avons pas trouvé pour le moment d’étude démontrant l’aspect nocif de ce compteur électrique : article sur le sujet ;
  • les symboles ou les minéraux posés sur les compteurs ou les interrupteurs : si leur efficacité peut se discuter d’un point de vue énergétique ou psychosomatique, ils ne modifient pas la diffusion des OEM ;
  • remplacer la Wi-Fi par des prises CPL (courant porteur en ligne) : selon les fabricants, les émissions d’OEM des CPL peuvent être élevées voire nocives, un article pour en savoir plus.
2 - Les idées à creuser
  • la piste allergène : certaines personnes électrosensibles (maux de tête) ont témoigné d’une amélioration de leur état après une cure détoxifiante à base de jeûnes ; en ce cas il est possible que l’électrosensibilité soit le révélateur d’une saturation en toxines de l’organisme qui surréagit à l’exposition aux OEM, il serait donc intéressant de chercher dans un premier temps à purger son corps d’un maximum de toxines ;
  • la piste psychosomatique : plusieurs témoignages de soignants et de soignés suggèrent une origine psychosomatique à un grand nombre de symptômes imputés aux OEM et avancent une explication : les besoins d’attention et d’écoute incitent à déclarer des maux qui parfois sont produits par l’esprit, ils sont la résultante d’une souffrance intérieure due au sentiment de ne pas être reconnu.
3 - Études complémentaires

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2 réponses

  1. avril 21, 2020

    […] notre article complet sur l’impact des installations électriques sur notre santé et comment s’en […]

  2. mai 3, 2020

    […] les résultats s’avèrent positifs, nous vous invitons à approfondir le sujet en lisant notre article sur l’hyperélectrosensibilité et les mesures à mettre en place pour réduire son exposition aux ondes électromagnétiques […]

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